JOURN’ART

 SIIF ART donne ‘Quartier Libre’ aux jeunes artistes !

Par ce que « Nous avons juste besoin d’être écouter ! »
Quartier libre est un manifeste de l’audace des jeunes plasticiens qui se sont dit ‘Il faut qu’on fasse quelque chose’. Sans fond et avec aucune forme de subvention,  ils  ont décidé de se mettre ensemble et de se faire entendre.
Neuf au total, ils sont peintres et sculpteurs dont deux femmes, une malienne et une congolaises à participer à la première édition des résidences Quartier Libre. Une première édition réussie car pour un essaie, ce fut un coup de maitre.
Parti pour être des résidences de création régulières, les organisateurs entendent élargir le programme aux autres corps de métier. Ainsi des danseurs, comédiens musiciens ou autres pourront être reçu pour des créations collectives.
Pour cette première édition, c’est l’espace SIIF ART qui permet de révéler le talent de ces jeunes. Ouvert depuis seulement un an, ce lieu se veut un espace d’échange et de création pour les jeunes artistes du Mali et d’Afrique. Il travaille surtout à la mise en œuvre et l’accompagnement des projets des jeunes artistes émergents.
Pour mieux comprendre cette première sortie des résidences ‘QUARTIER LIBRE’, nous avons saisi les initiateurs pour un bref entretien. Etaient à notre micro, les artistes Mohamed DIABATE et Amadou Opa BATHILY :
MissAgansi : Pourquoi l’initiative des résidences Quartier Libre ?
TEAM QUARTIER LIBRE : Pour attirer l’attention de tout le monde sur ce que nous faisons. En tant qu’artiste, nous avons besoin d’être écouter. Un artiste est d’abord un penseur, un philosophe, nous avons des choses à dire. Souvent il s’suffit juste d’un coup de pouce pour propulser notre travail. Nous avons créé cette résidence pour mettre les jeunes artistes ensemble et leur permettent de se découvrir et aussi se connecter aux autres.
Tous ce que nous demandons, c’est le soutien physique. Nous voulons montrer que les artistes sont capables de créer malgré le peu  de moyen qui se trouve à leur disposition. Chaque visiteur est un espoir pour nous de porter loin notre message. Nous ne sommes ni un collectif, ni une association, juste des artistes qui ont envie de s’exprimer. Notre objectif c’est de participer à la galvanisation  de l’art contemporain dans la capitale car depuis l’arrêt du marché des arts plastiques de Bamako, le secteur vit au ralenti.
Nous sommes ouverts à toutes les bonnes volontés qui souhaiteraient porter ce projet plus haut. En termes de perspective, nous  projetons de structurer le QUARTIER LIBRE administrativement afin de varier les résidences et les présentations. Ainsi, dans les jours à venir nous voulons expérimenter d’autres expériences afin de toucher un public plus large, que ce soit au Mali ou à l’extérieur.
TEAM AGANSI

Bogoja #6, Siby est joli dai !

Maisons décorées, propres et aérées, c’est le village en fête ! Voici à quoi ressemble Siby lors du festival Bogoja.
Des jours durant, les braves femmes de Siby embellissent leurs cases, maisons, cuisines, clôtures ou greniers en terre avec des couleurs naturelles récupérées depuis le sol. Impressionnant est l’effet que produit ces différentes couleurs une fois apposé au mur.
La pratique de la décoration des maisons est une activité que pratiquaient les femmes dans les villages depuis les temps anciens. Le manque de mécanisme de transmission de cet art entre les vieilles et les jeunes filles d’aujourd’hui contribue à la perte de cette richesse.
Pour préserver cette culture artistique, le centre BUGUSABA a initié depuis 2014, un festival dénommé BOGOJA pour promouvoir la décoration des maisons à travers le village de Siby. Il est organisé sous la forme d’un concours entre toutes les femmes du village qui une fois inscrites verront leurs maisons soumis au aux critiques d’un jury professionnel afin de choisir les meilleurs travaux. Les jurys sillonnent le village entier, dialogue avec toutes les candidates et choisissent les meilleurs selon des critères de créativité, innovation, technicité etc. … Les résultats sont rendus lors d’un événement regroupant tout le village. C’est l’occasion pour les gagnantes d’obtenir de nouveaux cadeaux pour les travaux à domicile et champêtre.
Cette 6ème édition a permis d’impliquer les professionnels de l’architecture afin de promouvoir la construction en terre.  En effet, la propagation des maisons en ciment constitue une menace pour la pratique de la décoration en terre.
Pour mieux comprendre les contours de cet événement, nous nous sommes entretenus avec Soumaila CAMARA, le Président de l’association BuguSaba.
MissAgansi : Quelle est la particularité de Bogoja ?
Soumaila CAMARA : La particularité de BOGO JA se manifeste dans le fait que c’est un événement socioculturel qui célèbre une action traditionnellement portée par les femmes.
MissAgansi : Quelles sont les plus grands accomplissements de Bogoja depuis sa création ?
Soumaila CAMARA : La contribution à faire rayonner un village dont les habitations sont construites à plus de 90% de banco et de matériaux locaux.  Les prix offerts aux femmes à l’issue du concours constituent des moyens de création d’activités génératrices de revenus pour toutes les femmes de la communauté.  Le prix peut être offert à une seule femme, mais c’est toute la communauté autour d’elle qui en fait usage.
MissAgansi : Quelle sont les innovations envisageables pour les éditions à venir ?
Soumaila CAMARA : Les innovations envisageables sont surtout création d’espace d’animations pendant les deux jours du festival, partout dans les différents quartiers de Siby.
A 2019 pour une nouvelle édition pour la transformation de Siby en un village beau, propre et festif.
Team AGANSI !

Ségou Art #2 ou Festival sur le Niger ?

 Eh bien, les 2!
Du 1er au 9 février 2019 à Ségou, s’est tenue la 2ème édition du salon international de l’art contemporain de Ségou, Ségou’Art. Une rencontre qui a rassemblé plusieurs artistes de nationalités différentes; des Etats unis au Mali en passant par la Tunisie, la Côte d’Ivoire, les Seychelles etc. …  et les artistes de la ville de Ségou elle-même. C’est important de le signaler car l’un des objectifs des organisateurs est de faire de la ville de Ségou, la capitale de la culture par excellence.
Durant tout notre séjour, une question revenait toujours, Festival Sur le Niger ou Ségou Art ???? Si les organisateurs ont souhaité apparenter les deux événements, les fans du festival avaient du mal à transiter. Mais le bonheur était pour les plasticiens car ce salon est pour eux une aubaine.
Dans les deux cas, nous les #Gansilikailaw n’avons raté aucune occasion pour visiter et en parler.
Artistes plasticiens  seniors ou juniors, maliens ou internationaux, chacun y trouvaient son compte à travers des expositions en in et en off, des ateliers et des masters classes.
Dans la foulée, nous nous sommes intéressés à Janet GOLDNER, New Yorkaise dont le travail fait voyager à Kalabougou. Elle nous confi : « Je suis heureuse de participer à cette édition de Ségou Art qui me donne l’opportunité de montrer ce que je fais au public malien. Je viens au Mali chaque année depuis plus de 20 ans mais peu de maliens connaissent mon travail. J’expose aujourd’hui une installation sur les forgerons de Kalabougou  NUMUSOW et une  autre installation sur l’immigration. Les visiteurs viennent nombreux et leurs passages est très  interactifs.  Je salue le travail des initiateurs pour la promotion des jeunes artistes du Mali.
Jeunes artistes du Mali, justement ! Parlons avec eux. Mohamed DIABATÉ (artiste Agansi) répond ci-après à 3 brèves questions :
MissAgansi : Quelles sont vos impressions sur l’éditions 2019 de SegouArt?
M.DIABATÉ: LE SITE ! Il faut dire que c’était beaucoup mieux qu’il y a deux ans.
MissAgansi : Si c’était à refaire, que est ce que tu ne changerais pas à SegouArt ?
M.DIABATÉ : L’IMPLICATION DES JEUNES ! Je mettrais encore et encore  un accent particulier sur les jeunes artistes locaux.
MissAgansi : Qu’est ce que tu changerais à SegouArt ?
M.DIABATÉ: L’ORGANISATION ! Un léger goût de manque de professionnalisme, et un certain mépris à l’égard des artistes qui sont quand même le centre de cet événement.  Le jumelage des deux événements festival sur le Niger et Ségou’art a créé une confusion au niveau du public local qui pour moi aurait dû prendre connaissance d’une forme d’art autre  que celle qu’il connait habituellement.
Team AGANSI !

a_portraitDans son ITINERAIRE, Ludovic FADAIRO s’exprime au Mali

Né en 1947 à Zinvié, Monsieur FADAIRO est un « artiste africain » comme il aime à le dire.  Originaires du Bénin, il a étudie à la Famous  Artist Scool d’Amsterdam, à l’Ecole des beaux arts de Montréal et Paris. Il enseigne pendant 30 ans les arts plastiques aux Beaux Arts d’Abidjan.
Philosophe et penseur, la création de FADAIRO détourne les conventions de l’art contemporain telles que nous l’enseigne l’académisme. Il développe une forte expérimentation des matières, que cela s’agisse du support ou des couleurs. Ainsi ses toiles sont souvent sur des tapas et ses couleurs, des pigments naturels. Mais FADAIRO est un avisé des matières, il ne se dessine aucune limite. « On ne se transforme pas, on utilise le brute alors que tous nous parle. » dit-il. Ainsi il colle, taille, frotte, déchire et superpose tissus, papiers, plastiques, Pepsi glasses, sac de jute, fils,  colorant ou encore d’autres objet de récupération pour composer une « symphonie de matière» .
Au delà du peintre, FADAIRO est un sculpteur atypique dont les formes ressemblent à des fétiches. Des hommes et des femmes de petites ou grandes tailles très souvent composées dans des installations. Ce qui confirme l’infini univers du maitre. Maitre, car ouvert et engagé  à transmettre son savoir à la nouvelle génération. Un étudiant du conservatoire nous confie  « Les travaux du maitre sont toujours une source d’apprentissage pour moi, cette exposition est pleine de découverte. »
Un autre point important de la création de FADAIRO, c’est les signes du « FA ». Des fines traces appliquées dans les différents recoins de ses peintures leur donnent une puissance ancestrale.
Depuis trois ans qu’il séjourne au Mali, Fadairo témoigne de la richesse culturelle, spirituelle et esthétique  de ce pays.  Plus de 40 toiles présentées au musée national du Mali du 01 au 30 novembre 2016  illustrent sa théorie.
Un visiteur que nous avons interviewé nous confit : «  Je suis impressionné par la qualité du travail abattu dans la réalisation de ses œuvres. Et apprendre que tout est produit au Mali, je salut la capacité de l’artiste à s’approprier des matériaux locaux pour s’exprimer.»
« Les signes et symbole se mettent ensemble, dans une recherche d’harmonie pour dire ce qui n’est pas visible. » voilà le mystère de sa démarche. Pour lui, la terre entière est une maison, et l’artiste se voit comme un humain tout court, il crée donc partout, et diffuse sa pensée de musées et musées, de galeries en galerie, de pays en pays. « Parce que l’art est le seul moyen d’expression qui n’a pas besoin d’être traduit en une langue pour se faire comprendre, il est universel » Nous confie Ludovic FADAIRO.
23
Mai
2017