L’Histoire de l’artiste

HistoireDeLartiste

L’homme qui incarnait la culture !

 
Né en 1954 à Karanguimbé, Kandjoura COULIBALY est un des premiers peintres du continent africain. Sortant de l’institut national des Arts de Bamako, Kandjoura fait de la culture et de l’art  une partie  de sa personne ; sinon l’Homme lui-même car ‘’que serait celui-ci sans celle là ? ‘’ ’’si on néglige la culture on devient comme des chauves souris’’ nous disait le sage.
Chercheur aguerri, depuis l’an 1978  Kandjoura focalise ses recherches sur l’histoire
du Bogolan et l’utilisation des techniques traditionnelles sur le tissu. Il arpente villages et hameaux à la recherche du savoir ancestrale. Sa vie se résumera ensuite à
promouvoir celui ci. Comme nous aimons à le dire, ‘’Qui cherche, trouve’’ Kandjoura avait trouvé le pourquoi de son existence au monde des mortels. Il rencontra en 1970 à l’INA 5 autre amis étant encore étudiant avec qui il fonda le groupe BOGOLAN KASSOBANE pour la promotion et la valorisation du bogolan. Ils exportent ainsi ce produit MADE IN MALI à travers le monde.

Travailleur acharné, Kandjoura évolue également dans les décors de film, costumes et accessoires. Le père du décor scénique au Mali est reconnu à travers ses Costumes dans les films  GUIMBA, TAAFE FANGA, ou LES ROIS DE SEGOU pour ne citer que ceci. Chevalier de l’ordre national du mérite au Mali, il Remporte en 1995 le  grand prix du costume au FESPACO à Ouagadougou. Il est ensuite plusieurs fois reconnu à travers festivals et biennales dans le monde, mais pour Kandjoura, le plus important est la reconnaissance du peuple,‘’ En général je travaille pour le peuple, C’est à lui de me classer’’.

Professeur et père des élèves et étudiant des écoles d’art , Kandjoura affirmait avoir plusieurs enfants et amis car il s’approprie de la nouvelle génération afin de mieux transmettre son savoir. Il les surnomme ‘’NTERIKAI , mon ami’’.  Il initie en 2014 avec le groupe BOGOLAN KASSOBANE la résidence KAWRAL. Une résidence appuyer par l’ambassade des états unis au Mali, qui permettra de rassembler 26 artistes venus de toutes les régions du Mali pour créer au nom de la paix. A citer aussi les cyber poussière devant sa porte au sein duquel il faisait le traditionnel grin avec les jeunes mais dont la particularité s’imposait à travers le partage de sa sagesse.

« Tous les êtres meurent enseinte, car nous partons toujours avec un projet qu’on a pas pu realiser » disait le l’homme. Kandjoura rêvait de faire un musée de la parure qui mettrait en exergue la grande collection d’objet d’art qu’il garde chez lui. Chez lui, est une voute envoutée par l’esprit de la culture, le corps des objets culturels des quatre coins du Mali et l’âme d’un visionnaire qui se serait investi 54 ans durant au nom de la culture. Cette collection d’objet d’art qu’il avait baptisé « La tortue de Djoliba » séjourne dans cet espace qui l’a vu vivre et perpétue son rêve.

Le monde de la culture ne cessera de pleurer l’homme, car il a été arraché à notre affection un mardi 10 janvier à l’apogée de l’an 2015, en décembre précisément. Le rêve de Kandjoura se poursuit car il laisse derrière lui des compagnons qui s’allient à sa vision et des enfants engagés pour honorer sa mémoire.
Du 09 au 10 decembre dernier, un grand hommage lui a été rendu à travres des défilés de mode, une exposition d’œuvre d’arts, des conferences, et d’autre activités…
Repose en paix Kandjoura COULOUBALY.

23
Mai
2017